Je ne sais pas par où commencer. J'ai tant de choses à te dire, et à la fois si peu...
J'aimerais tellement qu'on se voie pour parler de tout cela. Je comprends qu'il ne s'agit pas d'une décision facile, mais je tiens vraiment à ce que tu saches combien je suis attachée à toi. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Je n'arrive pas à te cerner, comment puis-je deviner tes sentiments ? Toi-même tu ne sais pas ce que tu ressens...
D'un côté, je pense que cela fait partie de ce qui m'attire : cet aspect sensible, incertain, fragile. Je ferai n'importe quoi pour être avec toi, je peux encore attendre mais pour combien de temps ? Tu ne le sais pas, mais je te regarde et t'attends depuis déjà de nombreux mois. En silence, discrètement. Je ne sais tellement pas comment faire pour que tu comprennes combien tu comptes pour moi, te faire comprendre combien ce que je ressens est profond.
Avant de t'écrire ces lignes, je me suis longuement demandé si cette attirance n'était que "le fantasme de la différence de l'âge". Mais non. C'est plus profond que cela. Ce n'est pas la première fois que j'ai une relation avec quelqu'un de plus âgé que moi. Néanmoins, c'est la première fois que je ressens quelque chose d'aussi fort... C'est si étrange. L'attirance, l'envie, la jalousie, le désir de te toucher, de te sentir près de moi.
J'ai pleuré pour des ruptures, des disputes, mais je n'ai jamais pleuré parce qu'un homme me manquait. Je n'arrive plus à compter les heures passées à pleurer parce que tu me manques, ni celles à sangloter en me remémorant le goût de tes lèvres, la douceur de tes gestes, le son de ta voix.
J'attendrai que tu décides ce qu'il te convient de faire, mais je t'en supplie, souviens-toi d'une seule chose : Je t'aime.
J'ai tant besoin de toi : tu es mon unique.
Je rentre. J'ai ta lettre. Cette douce lettre, je l'avais lue aujourd'hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s'épanouissent comme tu es reine dans mon coeur.
Oui, j'avais lu dans tes yeux ravissants cette lettre exquise, délicate et tendre que je relis ce soir avec tant de bonheur, ce que ta plume écrit si bien, ton regard adorable le dit avec un charme qui m'enivre. Comme j'étais fier en te voyant si belle ! Comme j'étais heureux en te voyant si tendre !
Voici une fleur que j'ai cueillie pour toi. Elle t'arrivera fanée, mais parfumée encore ; doux emblème de l'amour dans la vieillesse. Garde-la ; tu me la montreras dans trente ans.
Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n'est-ce pas, mon ange, comme aujourd'hui, et nous remercierons Dieu à genoux.
Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d'ici là ? Penser à toi, t'aimer, t'envoyer mon coeur et mon âme. Oh ! de ton côté sois à moi ! à lundi ! - à toujours !
Un soir d'hiver je t'ai écrit une lettre pour te dire ce que je ressentais pour toi. Tu m'as appelé le soir même pour me dire que tu serais ravie de sortir avec moi, et au même moment je ne pensais qu'à toi. Je voulais être près de toi ; je voulais que tu me serres contre toi pour sentir un courant passer entre nous.
Un jour tu es venue me voir et j'étais vraiment bien auprès de toi. Je me sentais comme sur un nuage. Un soir je suis venu te voir, et on était tellement bien collés l'un contre l'autre. J'aurais aimé être comme ça toute ma vie... Quand tu me regardais, je fondais devant toi, car un fort courant passait entre nous et je perdais mes moyens...
J'étais tellement bien avec toi ; il n'y avait pas assez de mots pour te dire tout le bonheurque tu m'apportais. Et même s'il y avait assez de mots, il n'y aurait pas assez de jours pour te dire combien je t'aimais et combien tu comptais pour moi. Et j'espérais que c'était réciproque.
On était si bien ensemble ; tu ne cessais de me dire, mon amour , tout plein de mots d' amour. Je ne comprends pas pourquoi ça a fini comme ça, que tu es partie à l'autre bout du monde. Cela m'a fait mal pendant des semaines parce que je m'ennuyais de toi que j'aimais tant !